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Quitterie laborde illustratrice

Qui est Quitterie Laborde, illustratrice d’Au-delà les barbelés…?

Quitterie Laborde est l’illustratrice du roman Au-delà des barbelés…Faisons plus ample connaissance…

Depuis quand dessines-tu ? Raconte-nous comment tu es tombée dans « la grande marmite du dessin »…

Je crois que je dessine depuis la première année de l’école maternelle ; je me revois dans ma classe de petite section en train d’observer la jupe de ma maîtresse et d’essayer de la dessiner avec les plis. A l’école élémentaire, je dessinais mes camarades de classe sur mon cahier de brouillon. Je voulais être styliste, j’inventais des tas de tenues. Au collège, je me suis passionnée pour les portraits au crayon et mon modèle principal était Marylin Monroe. Au Lycée, j’ai commencé à caricaturer mes amis. En 2003, pour la première fois, j’ai peint à l’acrylique pour pouvoir offrir des toiles à ma famille pour Noël. La peinture à l’acrylique est devenue ma nouvelle passion. J’ai participé à deux ou trois concours de peinture… j’ai aussi peint des petits tableaux pour des enfants sur lesquels j’écrivais des poèmes…et c’est depuis 2010 que je peins pour les livres jeunesse, avec l’aventure de l’album « Musette Souricette » pour commencer.

autoportrait quitterie labordeQuel est ton plus beau souvenir d’illustration ou de dessin ?

J’ai dessiné le portrait de mes grands-parents au crayon, et ça m’a touchée de crayonner les traits de ce couple que j’aimais tant, de leur faire plaisir…et ce portrait leur a survécu.

Comment es-tu devenue illustratrice-jeunesse ?

Un enseignant a écrit une petite histoire pour une classe de maternelle dans laquelle il avait effectué un stage. Il s’était inspiré de l’histoire de « Mandarine la petite souris », en accord avec l’enseignante de la classe.  En 2010, il m’a fait lire cette petite histoire qu’il avait intitulée « Lili la souris » ; je lui ai proposé de l’illustrer, comme ça, par jeu. A cette période j’avais une classe de CP-CE1-CE2 et je cherchais des idées pour aborder l’art dans ma classe. J’ai donc  eu envie d’illustrer cette histoire à la manière des peintres et de l’intituler « Musette Souricette », en référence aux « muses » et aux « musées ».  Avec l’auteur, nous avons revu le texte pour le rendre plus consistant et plus poétique. Je me suis vraiment beaucoup amusée en illustrant cet album. Et puis, par hasard, au salon du livre de Pau en novembre 2010, nous avons parlé de ce projet à Caroline Pérot, éditrice des P’tits bérets. Nous lui avons ensuite présenté la maquette et elle a été très enthousiaste. Il a cependant fallu que je refasse certaines illustrations car quand il s’agit de pasticher un peintre contemporain, il ne faut pas qu’il y ait de reprise d’éléments de tableaux, il faut juste garder le style. Ça a été un plaisir de travailler avec elle sur la préparation de cet album auquel nous avons ajouté un livret pédagogique d’exploitation pour les enseignants. Il a fallu beaucoup de temps, j’y ai parfois travaillé jusqu’à très tard dans la nuit. Quand les exemplaires de l’album sont arrivés à la maison d’édition, en mai 2012, j’avais l’impression d’être une enfant au pied du sapin de Noël ! Enfin l’objet concret tant attendu entre les mains ! Et depuis, quand je rencontre des enseignants qui travaillent sur Musette Sourciette, je me dis que j’ai beaucoup de chance.

As-tu des grigris ou des habitudes de travail? Comment et où travailles-tu ?

Mon bureau se trouve dans une grande mezzanine près d’une large fenêtre qui surplombe mon jardin. J’aime bien réinstaller tout mon matériel de façon différente à chaque fois que je change de projet : peinture acrylique et aquarelle, pinceaux, feutres, crayons, craies…Je change toujours de type de papier, j’essaie différents outils ; j’apprends au fur et à mesure, j’expérimente. Et je change aussi toujours de style, selon le texte et les émotions qu’il suscite. Pour l’instant, je n’ai pas envie de m’approprier un seul style, une seule technique. J’aime le changement. Et pour m’accompagner, près de moi, il y a un énorme chat qui dort paisiblement.

Quel(s) plaisir(s) tires-tu de cette activité d’illustratrice ? Quel(s) moments préfères-tu ?

J’ai besoin de temps pour voir dans ma tête ce à quoi je veux arriver, l’idée directrice dans le style à expérimenter. Et quand je tiens l’idée, comme par exemple « à la manière des peintres » ou « avec des images cachées » ou « un style cartoon rétro », ou encore « avec des éléments surréalistes », je sens une belle motivation qui va me tenir jusqu’au bout. Le fait d’être dans la création rend la vie plus intense, et il y a un peu de magie quand on a terminé un projet, quand on sort de sa solitude de travail pour le présenter aux autres. Je me dis que l’on est ce que l’on fait, et pas ce que l’on dit, alors j’aime faire, créer, pour laisser une petite partie de soi quelque part. Et tous les moments de la création ont de l’intérêt, mais je crois quand même que celui que je préfère, c’est quand j’aborde les dernières touches de couleur sur une illustration avant de décider qu’elle est terminée.

Quelle illustration du roman « Au-delà des barbelés » as-tu pris le plus plaisir à réaliser  ?

Dans « Au-delà des barbelés », l’illustration la plus facile à réaliser a été celle où l’on voit les six silhouettes sur la colline, de dos, avec cette émotion d’espoir et de recommencement. Mais je crois avoir pris le plus de plaisir dans la mise en couleur de la petite fille de la couverture ; c’est très agréable de constater l’évolution de la consistance d’un dessin. De manière générale, j’ai aimé travailler d’abord au crayon puis juste en noir et blanc ; c’était intéressant de chercher les expressions des visages qui peuvent au mieux  toucher le lecteur et être au plus près des émotions du texte. Il fallait que ce soit simple, précis et efficace, sans tous les détails que j’ai l’habitude de faire dans les albums jeunesse. Je ne sais pas si j’y suis parvenue, mais cette recherche a été un nouvel apprentissage.

illustration quitterie laborde

Peux-tu nous parler de tes goûts (culturels, artistiques, musicaux…) et de tes éventuelles influences ?

Je n’ai pas d’attachement à un style précis que ce soit en musique, dans les arts ou autres. J’aime découvrir, varier mes sources d’inspiration selon les moments de la vie et les opportunités de découverte. J’adore les petits festivals de rue où la variété des propositions m’impressionne toujours. Toutes les créations qui suscitent une émotion ont de l’intérêt.

As-tu des projets persos de publication ou des idées en tête ?

Oui, des tas ! J’ai des brouillons d’écriture et de dessin dans des boîtes à idées, je peaufine certains projets…Je me dis que si je parviens à concrétiser tout ce qui me trotte dans la tête, je vais être bien occupée pendant les dix prochaines années, en plus de mon métier d’enseignante.

As-tu eu besoin de te documenter pour imaginer les dessins d’au-delà les barbelés ?

Oui, beaucoup, même si au final mes dessins sont très simples. J’avais besoin de percevoir des visages, des lieux, des idées de postures…

blanche quitterie labordeCombien de temps de travail cela a-t-il représenté ?

Je pense y avoir passé à peu près deux mois, en travaillant le soir après la classe.

Quel est ton passage préféré de l’histoire ?

Je suis touchée par l’aide apportée aux enfants par le gardien ; c’est un moment où l’on perçoit l’espoir d’une libération. C’est un peu l’image du bourreau qui devient l’allier indispensable, le mal qui se transforme en bien.

Si tu pouvais être un personnage du roman, lequel choisirais-tu ?

Blanche, pour son côté révolté, et pour sa folie de croire en cette histoire incroyable du voyage dans le temps d’un enfant; elle prend au vol ce côté magique d’un petit garçon pour aller de l’avant sans aucune peur.

Peux-tu nous parler un peu de ta création de la couverture ?

C’est au départ une illustration de la petite juive pour l’intérieur du roman qui a été retenue pour être mise en couleur pour la couverture. Elle est simple, mais les éléments essentiels sont présents pour interroger le lecteur : ces barbelés menaçants et cette petite fille qui ressemble à un ange tombé du ciel dans un enfer qui la terrifie. J’aime le côté tranché entre sa triste douceur et la menace déchirante des barbelés. On perçoit la solitude que tant d’enfants ont dû ressentir dans leur douleur d’enfermement et de perte de leurs proches. Et les Pyrénées en fond viennent apporter l’espoir d’un « au-delà » et d’une vie à continuer.

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