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L’arrivée au camp d’Hanna

Une surveillante française, une pauvre créature d’un certain âge, tout agitée, coiffée d’une capote de paille noire comme celle de l’Armée du salut, courait dans tous les sens comme un chien de berger en aboyant des ordres :

– Vite, vite, descendez !

Elle compta le troupeau, le compte y était.

– Prenez vos bagages, dépêchez-vous, suivez-moi !

C’était facile à dire avec tous ces bagages, tous nos sacs et nos sacoches. Des mains secourables nous aidèrent […]

Nous débarquâmes à la baraque 27, à l’extrémité extérieure de l’îlot ; comme je le constatai avec soulagement, nous avions vue sur la route et les champs, et pourtant nous apercevions par intervalles les barbelés et les sentinelles.

Soixante femmes par baraque, les baraques mesuraient à peu près vingt-cinq mètres de long sur cinq mètres de large. Le petit toit pointu recouvert de carton bitumé s’appuyait, sur les côtés, sur des murs de planches d’environ un mètre de haut. Dans le toit étaient aménagées, de chaque côté, six lucarnes qui mesuraient à peu près soixante centimètres sur quarante et qu’on pouvait fermer en rabattant des sortes de volets en bois. Il n’y avait pas de vitre aux fenêtres.

A gauche, trente paillasses, à droite, trente paillasses, pas de couvertures, pas de tables, pas de chaises, pas de bancs, pas de clous, pas de vaisselle. Nous entassâmes nos bagages à la tête des paillasses contre le mur extérieur.

Témoignage d’Hanna Schramm dans “Vivre à Gurs”.

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